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Lourde peine de prison requise contre un pilier présumé du banditisme corse jugé pour blanchiment
information fournie par AFP 30/04/2026 à 22:17

L'établissement "Le Petit Bar", le 8 avril 2013 à Ajaccio, en Corse ( AFP / - )

L'établissement "Le Petit Bar", le 8 avril 2013 à Ajaccio, en Corse ( AFP / - )

Une lourde peine de prison -- entre douze et quatorze ans -- a été requise jeudi contre Mickaël Ettori, décrit comme un pilier de la bande corse du Petit Bar, et accusé d'avoir été un "pont" entre la "criminalité organisée" et "la finance en col blanc."

Devant le tribunal correctionnel de Marseille, l'accusation a requis entre 1,5 et 2 millions d'euros d'amende, ainsi qu'une interdiction de séjour pendant cinq ans dans les deux départements corses et en Ile-de-France.

Mickaël Ettori, 53 ans, est rejugé depuis mardi pour des opérations de blanchiment au bénéfice de cette "association mafieuse qui a mis une chape de plomb sur la Corse-du-Sud", selon la procureure Isabelle Candau.

M. Ettori a même joué "un rôle de pont entre le monde occulte de la criminalité organisée et le monde économique et de la finance en col blanc", a-t-elle accusé.

Arrêté le 13 décembre 2025, au terme de cinq années de cavale dans l'île, il avait fait opposition à une condamnation par défaut de douze ans de prison, prononcée le 28 mai 2025.

Si le prévenu a présenté ce dossier comme "un roman", une "construction" judiciaire et médiatique "pour vendre du papier", l'accusation a puisé dans le passé judiciaire des membres du clan pour affirmer que "le Petit Bar est un groupe criminel impliqué depuis des décennies dans le trafic international de stupéfiants, impliqué dans les extorsions de commerces."

"Ils captent des activités économiques pour faire de l'argent et ont brassé des millions", ont détaillé les deux procureurs, Isabelle Candau et Mathieu Bertola.

Dans cette bande criminelle qui "dispose d'une masse d'argent colossale" et a besoin d'opérer de multiples investissements officiels, Mickaël Ettori est désigné comme occupant un rôle de premier plan dans "un trio de décideurs" aux côtés de Pascal Porri et de Jacques Santoni, "figure emblématique" de la bande criminelle --celui qui "a toujours le dernier mot."

- "Palace, palace" -

Mickaël Ettori et Pascal Porri ont été décrits comme "la tête et les jambes" d'un chef incontesté, tétraplégique depuis un accident de moto en 2003.

La maison où Mickael Ettori a été arrêté, le 13 décembre 2025 à Olmeto, en Corse ( AFP / Pascal POCHARD-CASABIANCA )

La maison où Mickael Ettori a été arrêté, le 13 décembre 2025 à Olmeto, en Corse ( AFP / Pascal POCHARD-CASABIANCA )

"Palace, palace, palace, ma vie c'est palace", se targue Jacques Santoni dans une écoute téléphonique.

A travers les enregistrements réalisés au sein des appartements parisiens de l'état-major du Petit Bar, les enquêteurs avaient constaté de régulières opérations de comptage d'espèces évaluées à des centaines de milliers d'euros, jusqu'à 680.000 euros passés en deux jours dans les machines à compter.

"L'argent ruisselle entre les mains du Petit Bar et entre celles de Mickaël Ettori et il sert à bien vivre, à très bien vivre", ont assuré les magistrats, détaillant son train de vie de nabab.

Comparé à "un couteau suisse qui permet de gagner beaucoup d'argent", l'accusation a campé Mickaël Ettori dans une fonction de "financier" du clan, omniprésent dans toutes les négociations autour de projets d'investissements immobiliers importants à Courchevel ou d'acquisitions d'établissements à Ajaccio.

Pour les magistrats, Mickaël Ettori est au cœur de "l'opération de mue du Petit Bar vers des opérations de grande envergure et de s'acheter une apparence de respectabilité."

Tout au long des débats, le prévenu s'est évertué à vouloir convaincre d'un rôle d'intermédiaire sur le marché gris de la vente de montres de luxe, estimant ses gains annuels autour de 40.000 à 50.000 euros.

"Je me retrouve dans un QI [en prison] avec douze ans sur la tête pour avoir vendu des montres", s'est défendu M. Ettori.

"Que des belles paroles!" a tranché Mathieu Bertola constatant qu'on ne trouve rien dans le dossier à même de justifier cette activité. Le magistrat prête au prévenu "la possession d'un patrimoine financier occulte de centaines de milliers d’euros".

Défenseur de Mickaël Ettori, Me Bruno Rebstock devait plaider dans la soirée de jeudi. Le jugement est attendu le 5 mai.

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